Cooklang — Le Git de vos recettes de cuisine

Cooklang — Le Git de vos recettes de cuisine

Vous en avez assez de perdre vos recettes dans des applications qui disparaissent au bout de quelques mois ? Cooklang propose une solution simple et pérenne : des fichiers texte annotés, lisibles par vous et exploitables par la machine. En quelques lignes, vous conservez vos recettes à vie, sans compte, sans service propriétaire.

Qu’est‑ce que Cooklang ?

Cooklang est un langage de markup en texte brut pensé pour les recettes. Vous écrivez en français normal et vous ajoutez de petits marqueurs pour les ingrédients, les ustensiles et les durées. Par exemple : @farine{200%g} pour un ingrédient, #fouet{} pour un ustensile, ~{10%minutes} pour un temps.

Le fichier reste lisible tel quel. Mais il devient aussi exploitable : génération de listes de courses, minuteurs automatiques, adaptation des quantités et rendu esthétique par des outils dédiés.

Pourquoi cela peut changer votre façon de cuisiner

Vous gardez la main sur vos données. Pas d’inscription, pas de verrouillage. Un fichier .cook s’ouvre dans n’importe quel éditeur de texte. Vous pouvez le synchroniser via Syncthing, Git ou simplement par une clé USB.

Le format facilite la traçabilité. En versionnant vos recettes avec Git, vous voyez quand quelqu’un a augmenté l’ail ou modifié la cuisson. C’est utile quand vous cherchez la version d’une tarte qui réussit mieux.

Écosystème et outils

Applications et serveurs

Cooklang propose un CLI écrit en Rust qui peut lancer un petit serveur web pour consulter vos recettes localement. Il existe aussi des applications pour iOS et Android. Un mode Raspberry Pi permet d’héberger un livre de recettes familial sur le réseau local.

Plugins et intégrations

Vous disposez de plugins pour VS Code, Vim et Emacs. Un plugin pour Obsidian affiche les recettes directement dans votre vault. Enfin, le service de conversion cook.md permet de transformer une recette en ligne en fichier Cooklang prêt à l’emploi.

Fonctionnalités pratiques

  • Mise à l’échelle : augmentez les portions sans recalculer tout à la main. Les quantités s’adaptent intelligemment. Le système sait quand ne pas tripler une pincée de sel.
  • Référence de recettes : une recette peut appeler une autre, par exemple pour réutiliser une sauce déjà définie.
  • Pas de collaboration en temps réel : chaque recette est un fichier. Ce n’est pas Google Docs, mais la simplicité a ses avantages.
  • Licence MIT : le projet est open source et gratuit depuis son lancement en 2021.

Exemple : une recette simple en .cook

Voici un petit exemple pour comprendre. C’est un format texte annoté. Les quantités sont indiquées pour 4 personnes.

  • Crêpes.cook
  • @farine{250%g}
  • @lait{500%ml}
  • @oeuf{3%pcs}
  • @sucre{20%g}
  • @sel{1%pinch}
  • @beurre{30%g}
  • #poele{}
  • ~{10%minutes}
  • Préparation : Dans un saladier, mélangez @farine{250%g} et @sucre{20%g}. Faites un puits et ajoutez les @oeuf{3%pcs} puis le @lait{500%ml} progressivement. Laissez reposer 30 minutes. Faites fondre @beurre{10%g} dans la #poele{} et faites cuire chaque crêpe ~{2%minutes} par face.

Avec les outils Cooklang, ce fichier produit automatiquement la liste de courses (250 g de farine, 500 ml de lait, etc.), affiche des minuteurs et permet d’ajuster les quantités selon le nombre de convives.

Comment démarrer en pratique

1) Créez un fichier qui finit par .cook dans votre éditeur favori. 2) Écrivez votre recette en texte normal et ajoutez les marqueurs pour ingrédients, ustensiles et temps. 3) Installez le CLI Rust si vous souhaitez un rendu local ou testez la démo sur demo.cooklang.org. 4) Versionnez vos fichiers avec Git pour suivre l’historique.

Si vous trouvez une recette en ligne, préfixez l’URL avec cook.md/ pour obtenir une conversion automatique. Cela évite la saisie manuelle et accélère l’intégration.

Limites et points à considérer

Cooklang n’offre pas d’édition collaborative en temps réel. Chaque recette est stockée dans un fichier individuel. Les ajustements de temps de cuisson ne se calculent pas automatiquement : vous devrez les adapter selon la quantité et la taille du plat.

Enfin, bien que la syntaxe aide à normaliser les ingrédients, certaines conversions d’unités peuvent nécessiter une vérification manuelle selon les préférences de votre cuisine.

Conclusion

Si vous désirez garder vos recettes longtemps, sans dépendre d’applications commerciales, Cooklang mérite l’essai. Il combine la simplicité d’un fichier texte avec des outils modernes : export, rendu, synchronisation et versioning. Vous conservez le contrôle. Vos recettes restent lisibles, partageables et évolutives.

Pour en savoir plus, visitez cooklang.org et testez la démo sur demo.cooklang.org. Vous pourriez bien redécouvrir le plaisir de collectionner des recettes durables.

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Auteur/autrice

  • Je suis cheffe de cuisine spécialisée en gastronomie du quotidien et organisation culinaire à la maison. Ancienne sous-cheffe dans un bistrot parisien bistronomique puis cheffe consultante pour des maisons d’hôtes en Provence, j’ai affiné mon approche autour des produits de saison et de la cuisine anti-gaspi. Formée à l’École Ferrandi et passionnée par le potager urbain, je relie recettes accessibles, astuces maison et conseils jardinage pour mieux cuisiner chez soi. Je partage ici mes méthodes testées en service comme à la maison pour aider chacun à gagner en goût, en sérénité et en autonomie.

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